Essai de la BMW R Nine T dans la campagne lyonnaise

Grâce au patron d’Helice69 (Cyrus Ayari, merci à lui !), j’ai pu essayer la BMW R Nine T (voir un essai bien plus complet sur cette page) en balade dans les monts du Lyonnais, un parcours qui pourrait être pire, n’est-ce pas ?

Bien entendu, il s’agit ici juste de mes « impressions de conduite », pas d’un test routier en bonne et due forme, car je ne suis resté que peu de temps (hélas…) sur cette machine.

Connaissant un peu les BMW « flat-twin », j’étais vraiment curieux de pouvoir me faire une idée de leur évolution en essayant cette machine qui représente le mieux le parcours du constructeur bavarois depuis la sortie de la R90S en 1974 (c’est, en quelque sorte, la fin d’un cycle).

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Une BMW R90S de 1974, une belle restauration de la machine qui est à l’origine du changement d’image de ce constructeur.

En montant enfin sur la Nine T, j’ai d’abord pensé que la selle était bien mince et dure. Mais, dès qu’on a commencé à rouler, cet aspect du confort ne s’est plus manifesté et j’ai trouvé la Nine T conforme au confort qu’on pouvait attendre d’une BMW (même si Cyrus m’avait prévenu que les suspensions étaient plutôt fermes). La position de conduite est presque sportive : le cintre plat très large oblige à une position plutôt penchée sur l’avant, mais, là encore, rien de gênant (personnellement, j’ai horreur des guidons-bracelets qui imposent une position couchée, c’est à réserver aux machines de course, selon moi).

Autant vous le dire tout de suite, la Nine T m’a électrisé, envouté, séduit !
Voilà une moto moderne formidable qui affiche un look soigné (tout en ressemblant quand même à une moto… avec certaines machines modernes -y compris des BMW-, ce n’est plus tout à faut aussi évident !), des performances musclées et un comportement super rigoureux, que demander de plus ?

Ah certes, ce n’est pas une GT avec des protections et des valises comme on se représente souvent une BMW flat-twin (et telle qu’était ma R850 de 1996). Mais pour s’amuser sur les routes des monts du Lyonnais, je ne vois pas comment faire mieux !

Heureusement que j’étais au guidon de cette machine car il fallait encore pouvoir suivre Cyrus qui connait bien le secteur et qui n’attend pas en chemin… Et la Nine T m’a été d’une grande aide : accélérations puissantes, tenue de route docile, comportement sécurisant… Je me suis retrouvé totalement à l’aise tout de suite.

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Une belle vue de Lyon depuis St Didier en mont d’or… Et la route pour y accéder est vraiment agréable (surtout à moto !).

Dernier point que j’ai vraiment apprécié, le bruit !
Le pot akrapovic qui équipait ma machine offrait un son tout à fait envoutant, une vraie réussite. Quand on ouvre (franchement) les gaz, on passe d’un grondement sourd à un Brooaap enthousiasmant… J’ai adoré !

Bien entendu, j’ai tout de même quelques critiques :

  • Le freinage est vraiment puissant, mais presque trop : le double-disque avant est carrément brutal à l’attaque, mieux vaut se contenter d’actionner le levier d’un seul doigt (heureusement qu’il y a l’ABS) !
  • Le frein arrière est plus que perfectible car l’ABS se déclenche bien trop tôt quand on l’actionne (en particulier en fin de freinage quand on veut soulager la pression sur l’avant). Cyrus m’expliqua que le disque arrière est couplé avec le frein avant (et donc avec la commande du levier) et que donc, on n’avait pas besoin de se servir de la pédale de frein. Pas tout à fait d’accord pour le cas mentionné plus haut.
  • Les rétroviseurs sont peu utiles mais ceux de ma machine n’étaient ceux d’origine. Un beau style, certes, mais je préfère des modèles moins design et plus lisibles !
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La BMW R Nine T garée devant le concessionnaire Helice69.

Au final, c’est tout de même le comportement moteur qui m’a le plus surpris : le flat-twin apparait ainsi transfiguré par rapport à celui que je connaissais. Un caractère tout en relief (alors que celui de ma R850 n’était pas paresseux mais tout de même assez « plat »). Pour tout dire, la Nine T tracte presque autant que ma Guzzi Breva mais avec une propension à monter en régime qui n’a rien à voir !
On dirait presque un 4 cylindres tellement le moteur en redemande… Un vrai régal, le tout dans une musique parfaite. Le comportement dynamique est également très réussi mais moins surprenant : quand on voit combien la machine est ramassée sur son centre de gravité, ça explique bien des choses.

Bref, la Nine T est une grande réussite, une moto-jouet qui est une vraie bonne surprise avec un look tout à fait flatteur, ce qui ne gâche rien.

J’ai également pu rouler avec la R1200R (voir un essai bien plus complet sur cette page) juste après, pour comparer.

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La BMW R1200R sur un « parking » de St Didier… Sur le réservoir, on aperçoit mon nouveau casque Arai dont je vous parlerais bientôt.

Clairement, j’ai beaucoup moins apprécié la R1200R que la Nine T. Envolée la musique envoutante, le flat-twin à refroidissement liquide ne vous offre qu’un murmure discret et sans envolée lyrique. Le moteur pousse bien, ça c’est sûr mais sans que j’aie pu autant l’apprécier que sur le roadster rétro. La tenue de route est bonne mais, quand même, c’est loin d’être aussi docile et rigoureux que la Nine T (la position de conduite est plus droite aussi). Bref, c’est déjà une moto plus raisonnable qui m’aurait sûrement beaucoup plus si je n’avais pas essayé la diabolique Nine T juste avant !