La beauté cachée d’une bonne conception…

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Pendant un certain temps, j’ai eu deux motos dans mon garage floridien : une Kawasaki Z1000 de 1980 et une BMW R850 de 1997. Il ne s’agit pas ici de parler des conflits de génération (les deux machines sont issues d’époques bien différentes et donc difficilement comparables à cause de cet écart), mais bien de différence de conception qui saute aux yeux quand on sait examiner ces motos en profondeur…

La Kawasaki tout d’abord repose sur une philosophie simple : séduire à priori, à tout prix. Et pour cela, les concepteurs japonais ont mis le paquet sur la ligne (certes, ma Z1000 n’est pas très belle sur la photo du haut, mais une fois remise dans « toute sa gloire », sa beauté et l’élégance de sa ligne ressort avec éclat, voir photo du bas).

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Mais, bien sûr, cette priorité donnée à la ligne se paye de plusieurs façons : le réservoir est élégant, mais il contient peu, par exemple. Le 4 cylindres DOHC est magnifique et performant, mais il impose une masse importante et haut perchée…

Je ne suis pas en train de critiquer la Kawa et de regretter mon achat et mon travail, je constate avec autant de lucidité que possible. Les Japonais se sont dit « il faut séduire les clients avant l’achat de la moto… Et pour cela, mettre le paquet sur ce qui se voit, pas sur ce qui se découvre à l’usage ». C’est une philosophie et le choix est efficace à défaut d’être respectable.

Voyons maintenant la philosophie des concepteurs de la BM…

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Ma BMW R850, même sous le soleil de la Floride, ce n’est pas une grande réussite sur le plan esthétique…

Disons-le tout net, la R850 est hideuse, surtout quand on la compare à la Z1000 !
Le réservoir en particulier est énorme… Mais il permet une autonomie dont ne peut même pas rêver la Kawasaki !

Et tout est comme cela : la BMW ne séduit pas a priori, elle séduit après coup par toutes ses qualités et ses aspects pratiques cachés. Par exemple, rien n’indique qu’elle soit facile à mettre sur la béquille centrale, mais c’est bel et bien le cas. Par l’équilibre dans la répartition des masses et par une poignée bien placée, la BM se met sur la béquille centrale sans effort. On ne peut vraiment pas en dire de même de la Kawa…

C’est à tous ces petits détails qu’on peut voir les différences d’approches : faut-il séduire tout de suite, sur le papier ou plus tard à l’usage ?
Les Japonais et les Allemands proposent deux réponses différentes, à vous de juger !